auteur – texte – Les mots, des vies

auteur – Les mots, des vies

Le premier roman, le premier livre, le premier écrit
est toujours – m’a-t-on dit – autobiographique….

Alors que faire qui ne soit ni impudique, ni prétentieux, ni sans raison d’être. Que pourrais-je écrire qui puisse être lu et pourquoi écrire ? Pour palier à quoi ? pour dire quoi ? à qui ? et pourquoi ? Des questions guère nouvelles mais à cet instant, sans doute essentielles.

Comme une petite graine arrivée il y a quelque temps de cela, elle est devenue pressante, comme pour éclore d’un besoin évident, pesant, obsédant déjà vivant. Alors bien sûr, vous méritez davantage que ce que je vais vous écrire. Pourtant que mettre de plus que mon envie, mon aveu. Cette découverte jusqu’alors insensée, inavouée.

Ces quelques-uns qui ont encore ces talents d’être humain
je veux parler ici de bonté, d’une toute belle délicatesse,
de grande fraîcheur, d’une tendresse toute simple,
de la connaissance qu’ils ont aussi du momentané et d’un humour toujours déplacé – ceux-ci me pardonneront alors cette quête sans réel aboutissement, sans raison d’être.

Car alors faut-il, toujours et encore, garder ses rêves, croire à un idéal, quand l’urgence est tout à la fois le superflu et l’essentiel. L’urgence de s’aimer, de s’abandonner, de donner, de partager le superflu, symbiose glaciale de plus d’amour, de plus de passion.

Pouvons-nous encore accomplir ces actes poétiques, pouvons-nous penser que souvent, ce sont dans les choses incertaines qu’il y a le plus de certitude.

Soudain dans cette existence, pousser les bornes de sa raison, vivre quelquefois en pleine délivrance et pourtant en pleine possession, plénitude de soi. En pensant alors sans fausse prétention, puis sans tristesse, que cela n’est que maîtrise d’un élan pouvant apporter un peu…. ou alors d’épuisement…apprivoiser l’autre.

Avec volonté, nos coups de haine doivent rester pissenlits dans ce jardin anglais. Parfois et toujours. Avancer, contredire, discuter, batailler, s’épuiser, refaire et repartir pour savoir alors qu’on peut aimer et créer mieux encore que nous ne l’avions esquissé.

Être déraisonnable sans raison, trouver ces mots qui vous touchent dans cette fragilité inamovible puis enfin, sans plus de doute, devenir le dernier mannequin du défilé.

Avoir le goût de l’inexplicable, de l’inconstance, pour comprendre qu’il faut travailler dur et aimer sévèrement pour ne plus perpétuellement prendre son temps.

Toute chose en éveil me préoccupe car de cette nouvelle lumière apparaît une lueur, un nouvel appris, un jour peut être su, une sorte alors d’espoir, vous me direz alors dérisoire. Qu’importe. C’est là et c’est beaucoup, Dans ces mots simples et cette vie difficile, parmi les autres, à transporter.